L’été en Rosa #2 : La saga du Chevalier Noir, deuxième partie

(concernant les screens, cliquez ici. N’hésitez pas à acheter ou consulter l’intégrale de Rosa disponible sur Internet ou dans les hors-séries du Picsou Magasine. Cet article est issu d’une longue galère de déconnexions et de brouillons supprimés. L’article faisait 2000mots à la base, il n’en fait à la fin que 1300)

Bonjour, Bonsoir !

Après un petit interlude avec Riri, Fifi et Loulou, il est de nouveau temps de se repencher sur la saga du Chevalier Noir, avec l’épisode « du milieu », présentant notre cher Chevalier Noir

Arpène Lucien, le Chevalier noir

Le fameux roi des monte-en-l’air est un voleur de renom et nommé en référence du fameux Arsène. Soupçonné (bon c’est plus des soupçons à ce point-là), d’être le chevalier noir et après une longue carrière de vol, il décide pour son grand final de voler le Canard le plus riche du monde Il surnommé ainsi car il a l’habitude de laisser sa fameuse carte, qui lui est parfois bien pratique pour détourner l’attention.

Arpène est surement le voleur le plus doué et on distingue d’ailleurs dans la sage deux formes de techniques. Le Vol « réaliste » et le Vol « Prestidigitateur ». Le premier est tout simplement de la logique et un gros poil (de moustache) de talent, notamment dans le détournement d’attention.

Ce talent est le résultat de longues années d’entrainement, mais également d’étude de tous les types de serrures et coffres possibles.

Le second en revanche est beaucoup moins explicable, mais qui renforce le côté humoristique du personnage. Mieux même, il utilise la discontinuité entre le cases pour voler, ce qui est plutôt bien pensé (même si quand même relativement fréquent) et manié.

Alors en reconnaissance chez Picsou, le Chevalier noir va voler le Dissoutou, qu’il pense au départ être un liquide précieux, avant de le reconnaitre. Imaginatif, il va repeindre une armure recouverte de poussière de diamant (volés, évidemment) avec le Dissoutou (le rendant partiellement moins dangereux). En mettant l’armure, il devient ainsi quasi invincible et capable de … dissoudre tout. Il abandonne ainsi le vol discret pour l’armure et ainsi faire disparaitre l’argent de Picsou en plein jour, qui serait alors le plus gros coup de sa carrière.

Le personnage possède une très belle personnalité en tant que gentleman français, et défie Picsou avec beaucoup d’honneur, sans être mauvais perdant.

La BD pas à pas

Comme pour le dernier épisode, nous allons retrouver dans la suite les marques de Rosa ainsi que son humour bien spécifique. Et ce, dès les premières pages avec deux sortes de continuités.

Une, purement humoristique et « décorative » au final peu importante bien qu’améliorant la fluidité du récit

Oui oui, je parle bien des panneaux. Cela a beau être un détail, lorsque l’on lit une BD, notre œil ne prête pas forcément attention à ce genre de choses malgré que l’on assimile et ce n’est qu’après relectures que l’on en prend conscience (habitude de ne lire que les cases et pas les dessins)

La deuxième continuité, est quant à elle beaucoup plus importante puisqu’elle ancre l’histoire dans le temps, tout en faisant un petit clin d’œil à Barks, puisque le fameux document est l’acte de propriété de l’Eldorado. La saga du Chevalier Noir est d’ailleurs très ancrée chronologiquement notamment par la salle des Trophées et le musée (mais cela, on en reparlera plus tard).

En passant sur les sarcasmes habituels de Donald, on atterrit donc dans une pièce très intéressante. Certains reconnaitront ainsi la Toison d’Or, protégée par des Harpies et un Dragon insomniaque dans les œuvres de Barks ou encore les armures des McPicsou, en lien avec un précédent voyage en Écosse par Rosa.

Durant cette étape de la salle des Trophées,  la continuité est assurée par Donald avec une semi mise au second plan. Les neveux évoquant en effet les panneaux « Ne pas toucher » dans les premières cases avant que Donald ne commencent à titiller Picsou (gag qui sera d’ailleurs ramené à la fin).

On notera également que le piège pincant Donald n’est pas là par hasard vu que dans le coffre, que voit-on ? … Des souris !

L’histoire enchaine directement avec l’annonce radio de l’arrivée d’Arpène en ville. Cette annonce permet également de présenter rapidement et efficacement (qui ? que ? quoi ? où ?) le personnage se concluant par le défi du chevalier à Picsou, qui le prend évidemment très au sérieux et le met un peu sur ses nerfs, un peu.

La qualité du dessin, notamment avec le jeu d’ombre et les expressions de Picsou, est très bonne. Même si Rosa ne fait pas toujours l’unanimité, on ne peut lui enlever ça.

A partir de maintenant, nous allons donc suivre le récit sous deux angles : celui de Arpène et celui de Picsou. Ce dédoublement d’action est évidemment un apport pour la continuité de l’action puisqu’en la scindant en deux, on la rend plus claire et fluide (particulièrement visible avec le changement de plans : Picsou en dehors des barreaux, en avant et Arpène dedans, avec Picsou en arrière)

On va entrer dans quelque chose d’un peu plus précis un court instant avec cette case :

Dans les Bandes-dessinées, on a généralement (surtout chez Disney), des mots en gras qui permettent de centraliser la lecture en faisant ressortir ce qui est important. Mais alors, pourquoi « Salée » est en gras ? Pour accentuer le fait que le Chevalier va se prendre une rouste ? (spoil : non) En fait non, c’est beaucoup plus implicite. Vous pouvez voir sur la case le fusil de Picsou (qu’il utilise énormément). Eh bien, Picsou n’utilise pas de balles et là est toute la précision : il utilise du sel. Il fallait le trouver. Ce sel lui sert notamment à repousser Miss Tick (couplé à de l’ail généralement)

Comme vous pouvez vous en douter, le Chevalier Noir va voler le Dissoutou, qu’il croit être un liquide précieux et s’extirpe du coffre en utilisant sa méthode du « Case par Case », cette fois pour se déplacer avec une Armure

De retour à Georges X, Arpène a l’idée de recouvrir (après une courte déception au vu de son butin) l’armure de Dissoutou pour parfaire son pseudonyme, coincidant avec la découverte du vol du Dissoutou par les neveux (qui étaient d’ailleurs absent le soir étant donné qu’ils devaient aller à l’école, logique). Ils se précipitent donc vers lui.

La scène de la première apparition du chevalier en public est plutôt riche en détails de second plans, via les passants (assurant également quelques continuités)

L’avancée du Chevalier vers le coffre est également de présenter l’étendue des possibilités et résistances de l’armure. Il est intéressant de noter que l’armure fait également disparaitre de l’énergie. L’objet, réduit en poussière, perd en effet son énergie de poussée au contact de l’armure ce qui est physiquement à se tirer par les cheveux. Une deuxième chose intéressante est le rappel de l’influence de Picsou au travers de l’armée.

Cette influence est en lien avec celle décrite dans « Si Donald n’existait pas » : Pas de Picsou, Pas de DonaldVille. Picsou est en effet le principal employeur et investisseur. Sans lui, elle serait très pauvre, voir n’existerait pas.

Après de nombreux tentatives, Picsou arrivera finalement à le stopper en le faisant chuter sur des diamants (par connaissance parfaite de son coffre), se trouvant dans la salle où le Chevalier Noir a d’ailleurs volé la poudre de diamant (lien). Arpène Lucien, extrait de l’armure, reconnait sa défaite mais promet un retour. Il s’enfuit évidemment à sa façon. Tout finit donc à peu près bien pour Picsou : il n’a perdu « qu’un » sac de poudre diamant et le Dissoutou est désormais plus stable, stocké temporairement dans sa salle des trophées. D’ailleurs, puisqu’on reparle de cette salle, autant l’utiliser pour faire un lien et conclure …

La continuité est pour conclure dans cet épisode un poil moins technique un élément central, plus que dans les autres. On a sans cesse des rappels, éléments narratifs ou des détails qui font avancer l’histoire. Elle le rend assez spécial, typique pour Rosa, et fluide. Rendez-vous la fois prochaine pour la presque-conclusion de cette saga du maitre voleur !

L’été en Rosa #1 : Riri, Fifi et Loulou

(concernant les screens, cliquez ici. N’hésitez pas à acheter ou consulter l’intégrale de Rosa disponible sur Internet ou dans les hors-séries du Picsou Magasine)

Yo !

Pour couper un peu avec la sage du Chevalier Noir, je vous propose de nous tourner vers un personnage central de Rosa, et j’ai bien dit un personnage central : Riri, Fifi et Loulou

Qui sont-ils ?

Apparus en 1937, Riri, Fifi et Loulou étaient au départ des canailles (la blague) dont le principal objectif était de faire craquer psychologiquement Donald (tel le Joker avec Batman). Leur père est inconnu (en tout cas, jamais confirmé) et a été emmené à l’Hopital suite à un pétard sous un fauteuil. C’est leur mère, Della Duck, Soeur de Donald, qui les emmènera chez lui pour … toujours.

Dans les Œuvres de Rosa, on ne retrouve pas cette version de Riri, Fifi et Loulou mais plutôt celle instaurée par Carl Barks. En effet, suite à de nombreux séjours chez Grand-Mère et avoir rejoint les Castors Juniors, ils se sont assagis et sont depuis des puits de connaissance sans fin avec leur fameux manuel, sorte de Wikipedia en mini-livret (contenant, rien que ça, l’intégralité de la bibliothèque d’Alexandrie !). Cet épisode est relaté dans « C’est du Charabia » où Donald se remémore les anciens FRL (j’abrège), creusant non-seulement le personnage des neveux, mais également celui de Donald.

 

Le Personnage

Riri, Fifi et Loulou sont des triplets et physiquement, rien ne les différencie. Les casquettes ? Ils s’amusent à les changer ! (et ne les portent pas tout le temps). Seul Donald peut les reconnaitre. La psychologie ? AH ! Eh ben non en fait. Ils sont interchangeables et semblent au fond, être une seule et même entité dans plusieurs corps.

Ce modèle de personnage est assez pratique puisqu’il permet de ne pas développer chacun des neveux et de donner une personnalité globale, tout en ayant au final un personnage assez unique.

Ils sont indispensables pour les aventures de Picsou et lui sauveront la mise plus d’une fois. On peut presque dire que globalement, ce sont des Deux Ex Machina. Que cela soit contre la magie, dans une cité oubliée ou pour savoir comment transformer l’or en plomb (et pas l’inverse), ils ont réponse à tout. Des vrais couteaux-suisses.

Et c’est tout pour ce personnage ! Un article plus court que le premier certes, mais que je trouvais néanmoins intéressant tant Riri, Fifi et Loulou sont appréciés par Rosa et Barks. Je suis par ailleurs impatient de voir qu’est ce qu’il en ont fait avec le reboot de Ducktales. Le personnage unique sera-t-il conservé malgré une séparation des personnalités ?


BONUS : Le saviez-vous ? Il existe quelque fois un quatrième neveu : Phooey ou « Zut ». De nombreuses théories ont été faites sur ce personnage, mais il a finalement été confirmé qu’il ne serait qu’un phénomène électrique se produisant en présence des autres. Étrange non ?