L’été en Rosa #0 : La saga du Chevalier Noir, première partie

(concernant les screens, cliquez ici. N’hésitez pas à acheter ou consulter l’intégrale de Rosa disponible sur Internet ou dans les hors-séries du Picsou Magasine)

Yo !

Pour l’été, je lance une petite série de présentation des œuvres de Don Rosa

Mais qui est Rosa ?

Keno Don Rosa, dit Rosa est un dessinateur américain Disney à partir de 1986, plutôt prolifique (près de 84 aventures « importantes » recensées). Il s’est rapidement démarqué des autres par ses histoires complètes, son développement des personnages, ses easters-eggs et son style graphique. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs dessinateurs Disney avec Carl Barks (certains, dont moi, pensent même qu’il le surpasse). Cette renommée provient notamment de sa principale œuvre : La Jeunesse de Picsou.

Pourquoi cette série d’Articles ?

Quand on entend Picsou ou Donald Duck, les gens pensent plutôt au gros avare n’aimant personne et au canard maladroit coléreux avec sa voix reconnaissable. Mais au final, peu de monde connait leur histoire, les aventures qui les ont forgé ou voire même ce qu’ils sont (merci à la série Ducktales 2017 qui a l’air de s’en sortir de ce côté là). Don Rosa est un incontournable pour ça et a très largement mis au dessus l’univers Donaldesque par rapport à celui de Mickey (relativement pauvre, Mickey étant un personnage plat et fade, avec de rares histoires marquantes). Je trouvais ça cool de présenter le meilleur du meilleur de Don Rosa.

A travers cette série, les bases de l’univers Picsou seront présentés. La personnalité des personnages, les éléments narratifs, objets, événements. Le must à connaitre. Nous commençons donc avec :

Le Dissoutou

« Oui on nous parle de chevalier noir dans le titre et là c’est quoi ça, tss désabo »

Le Liquide et son Histoire

Le Dissoutou est le premier épisode de la trilogie du Chevalier Noir et nous présente un liquide plutôt exceptionnel, le Dissoutou. Qu’est ce que le Dissoutou ? Eh bien, c’est un liquide … qui dissout tout (pratique le nom). Créé par Géo Trouvetou, inventeur de renom qui interviendra dans plusieurs des histoires (et payé même pas le smic), le Dissoutou dissout tout, sauf le diamant (Géo recouvre d’ailleurs un parapluie, voir ci-dessous, de diamant pour le recouvrir ensuite de Dissoutou). Les éléments dissouts sont réduits en poussière (qui n’est rien d’autre que l’élément compacté, de quoi faire un bon trou noir).

Vous vous doutez bien des applications d’un tel produit, surtout introduit dans une économie ;). Cependant, pour prouver son efficacité, Picsou lâcha le Dissoutou sur le sol et … je ne vous fait pas un tableau, mais il s’est mis à descendre. Afin de préserver la Terre d’éventuels problèmes dus une absence de Noyau Liquide, Picsou, Donald, Fifi, Riri et Loulou descende également le chercher et réussisse après quelques péripéties, se soldant par une destruction de la formule de ce composé chimique.

La BD pas à pas

Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, ce qui fournil surtout chez Rosa outre l’Histoire et les personnages, ce sont les easter eggs trouvables à chaque case quasiment. Contrairement aux autres dessinateurs, on a en effet une continuité des actions et des gags. Ces gags, d’ailleurs, se font en parallèle pour ne pas ralentir l’action et, à chaque lecture, on peut redécouvrir la BD.

Dans ce cas-là, on a directement Filament (la petite ampoule en bas sur les images) pourchassant une souris Robot et l’habillant (Insérer une souris connue ici), souris qui fuyait probablement le chat en première case.

L’action principale n’est pas interrompue. On a bien le dialogue entre Picsou et Géo (qui n’ont d’ailleurs que faire de Filament) à propos du Dissoutou et pourtant on a une action en arrière plan qui s’exécute sans être monopolisante.

On notera aussi des gags plus visibles 😉

Malgré le Zoom, le gags n’est encore ici pas monopolisant. L’efficacité du Dissoutou est montrée et devait l’être. On a même quelque chose d’assez spécifique à Don Rosa, puisqu’il est un des seuls à faire de l’auto-dérision sur Disney (là où on est général calme là-dessus).

Pour continuer, vous pouvez noter, si vous lisez fréquemment des BDs Disney, qu’outre le style de Rosa, on a enfin des personnages vraiment expressifs et avec des proportions réalistes (ce qui donne parfois de très bonnes têtes) et ont beaucoup moins la bouche ouverte. Même si le phénomène est toujours apparent chez Rosa, il l’est beaucoup moins. En effet, pour donner de la dynamique aux personnages, les dessinateurs des canards ont la mauvaise habitude de leur faire ouvrir le bec tout le temps. Et quand je dit ouvert, c’est un faible mot. Ces têtes expressives ne sont notamment pas faites uniquement par le personnage chargé de la bulle, renforçant la cohérence et la continuité de l’action (généralement de la part de Donald ou des neveux, à propos de Picsou). Ces têtes, ne sont pas toujours d’ailleurs orientées vers le personnage qui parle ou effectue une action, ce qui change drastiquement de ce que l’on a l’habitude de voir (décentralisation amplificatrice)

Cette continuité de l’action peut également passer par une mise au second plan d’une action qui était au premier plan (renforçant le gag si c’en était un). Ici avec Donald testant la pratique du remplissage d’un espace vide :

En parlant de vide, la cohérence du récit bien que fortement fragile (des canards suivis d’un poulet ayant inventé un dissolvant universel) est consolidé par des explications scientifiques. Ces explications sont généralement apportés par le personnage de Riri, Fifi et Loulou. Oui, le personnage. Mais nous en reparlerons plus tard. Ces explications sont données pour expliciter la situation autant au lecteur qu’à Donald et Picsou (dans le but de le rationaliser, voire culpabiliser)

L’histoire est ainsi plus cohérente et on comprend mieux la gravité de l’action, tout en évitant d’alourdir la narration (qui est pour le coup ralentie)

Cependant, un ralentissement du récit n’est pas toujours mauvais. Rosa utilise également des cases « sans dialogues » ou presque) ou « de coupures » pour rythmer, ralentir ou amplifier une action suite à une ellipse, notamment. Ces cases contiennent généralement une action unique permettant des transitions.

Une autre technique utilisée ici consiste à utiliser les codes de la BD, sans briser le quatrième mur. Encore une fois, c’est une mise en valeur de l’action principale qui nous incite à tourner le livre (ou votre tête au choix), reproduisant les gestes du personnage

On reconnaitra au passage les Terri-Fermiens, issus des aventures de Picsou, cette fois par Carl Barks, personnages que l’on retrouve également dans la Série Ducktales. Le Chapeau à droite témoigne d’ailleurs d’un passage ultérieur … Des détails ^^

Et c’est à peu près tout pour l’épisode du Dissoutou ! Nous nous attaquerons la prochaine fois au personnage de Riri, Fifi et Loulou avant de poursuivre avec la trilogie. N’hésitez pas à me demander en message le scan de l’épisode !

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